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Diversité et inclusion : des enjeux majeurs pour le management sportif

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« Un vase clos ». C'est parfaitement l'image qui collait au sport il y a encore quelques années. Femmes, personnes racisées, athlètes en situation de handicap : tous n’avaient pas la même place. Aujourd’hui ? Cela semble bouger un peu, pas assez vite toutefois. Dans les vestiaires comme dans les bureaux, la diversité et l’inclusion ne sont plus des options. Au contraire ! Ce sont des sujets concrets. Le public les attend. Les partenaires, eux, les exigent. Sur le terrain, les équipes les revendiquent de plus en plus. Juste gagner, cela ne suffit plus dans le sport de haut niveau. Ce qui compte de nos jours, réellement ? Représenter, innover... mieux créer du lien.

Alors comment faire ? Quelles postures, quelles politiques RH pour que la diversité, l’égalité des chances et l'inclusion ne restent pas que des mots ?

Comprendre les notions de diversité et d’inclusion

Différences et complémentarités entre les deux concepts

Ces deux mots ? Ils sont souvent associés. Trop souvent. Diversité et inclusion, pourtant, ne racontent pas la même histoire.

La diversité ? C’est ce que nous voyons, c'est-à-dire des profils différents dans une équipe, un encadrement, un jury de recrutement. Cela ne suffit pas cependant.

L’inclusion, elle, commence là où la diversité s’arrête. C’est ce qui permet à chacun de trouver sa place, de s’exprimer sans crainte, de participer pleinement, au même titre que les autres.
Une salle de réunion composée de personnes de tous horizons, ce n’est pas de l’inclusion. C’est un début. Ce qui compte, vraiment ? C’est que chacun ose parler, soit écouté et surtout pris en compte pour une véritable inclusion professionnelle.

Dans une organisation sportive, il est tout à fait possible d'afficher la diversité… et cependant de perpétuer l’exclusion si, par exemple :

  • les femmes sont sur le terrain, mais jamais à la table des décisions ;
  • un entraîneur issu de la diversité ne peut pas imposer sa vision sans devoir sans cesse la justifier ;
  • un collaborateur porteur de handicap doit s’adapter en permanence à un cadre ne prévoyant rien pour lui.

Voilà pourquoi les deux vont ensemble, indiscutablementParce que sans inclusion, la diversité reste de façade. Sans diversité, l’inclusion tourne à vide.

Pourquoi promouvoir diversité et inclusion dans le sport ?

Attirer et valoriser tous les talents

Le sport aime les profils « types ». En clair : un athlète au bon format. Un coach à l’ancienne. Le manager sorti du même moule que son prédécesseur. Pourtant ? Le vivier de talents est bien plus large. Bien plus riche. Encore faut-il aller les chercher. Leur laisser une vraie chance. C'est un fait ! Il y a des compétences qui ne rentrent pas dans un CV classique.

Dans le sport, comme ailleurs, les talents issus de la diversité sont là. Leur accès au terrain, aux bancs, aux bureaux reste malheureusement encore trop limité. Non pas par manque de niveau, mais par manque de place. Pire : par manque « d’imagination » côté recruteur. Valoriser tous les talents, c’est déjà revoir les critères de sélection :

  • moins de formatage, plus de parcours atypiques ;
  • moins de « bon profil », plus de compatibilité humaine ;
  • moins de clones, plus de complémentarités.

Ensuite ? Il faut les garder. Les faire grandir. Leur permettre de contribuer sans avoir à lisser leur personnalité pour rentrer dans le moule. Oui. Ce n’est pas aux individus de s’adapter aux systèmes exclusifs, c’est au système de s’ouvrir pour accueillir d’autres manières de faire, d’être, de penser.

Le sport ne manque pas de talents. Il manque trop souvent de regard neuf pour les reconnaître… et d’espaces pour les accueillir. Certains finissent alors par tracer leur propre voie, avec une idée en tête : entreprendre dans le sport et construire une marque éthique.

Créer un environnement de travail plus performant

Ce n’est pas la diversité qui crée la performance ! Non. C’est ce que vous en ferez. Ce qui compte ? C'est comment chacun travaille avec les autres. Surtout, comment chacun est reconnu, respecté et écouté.

Beaucoup parlent de performance individuelle. Dans le sport, pourtant, comme dans l’entreprise, la clé est collective. Un collectif qui fonctionne, c’est, avant tout, un collectif dans lequel les différences ne créent pas de distance. C’est un lieu de travail où personne ne perd de temps à cacher ce qu’il est, à surveiller ce qu’il dit, à rentrer dans un costume inconfortable juste pour « faire comme les autres ».

Un environnement inclusif, est avant tout un espace de sécurité. Psychologique, relationnelle, professionnelle. Là où les idées circulent librement. Où le jugement n'a aucunement sa place, mais aussi où la prise de parole ne dépend pas d'un statut. Parce qu’au fond, la valeur du sport dans la société va bien au-delà du jeu.

Bonnes pratiques pour intégrer la diversité dans le management sportif

Recrutement inclusif

Tout commence par-là, en définitive. À l’entrée. Là où les choix se font. Là où, souvent, les biais s’invitent. Pas toujours volontairement. Mais ils sont là. Tapissés dans une fiche de poste trop rigide. Dans une définition du « profil idéal » qui ressemble toujours un peu trop au précédent. Recruter « inclusif », ce n’est pas cocher une case. Ni « faire un effort ». C’est revoir le système :

  • comment nous rédigeons une annonce. Quels mots nous choisissons ;
  • où nous la diffusons. Car si l’on recrute toujours au même endroit, on retrouve toujours les mêmes ;
  • qui compose le jury. Un seul regard détecte rarement plusieurs types de potentiel ;
  • quels critères valoriser. L’expérience n’est pas toujours dans les lignes d’un CV.

Un recrutement inclusif n’est-ce pas, tout simplement un recrutement lucide ? Il s’appuie sur :

  • des grilles d’évaluation neutres, partagées ;
  • du temps pour repérer les biais, même invisibles ;
  • une vraie formation des recruteurs ;
  • le courage de sortir du « profil parfait ».

Formation et sensibilisation des équipes

On ne décrète pas l’inclusion. On l’apprend. Comme toute compétence, elle demande un peu plus qu’une affiche dans le couloir ou un projet isolé sur un document RH.

Dans le sport, les habitudes sont bien ancrées. Le poids des normes aussi. D’où l’importance, non pas d’imposer, mais d’expliquer. De faire comprendre. Impossible de changer une culture si on ne touche pas d’abord aux représentations. Former les équipes, c’est ouvrir le débat, mais également créer un espace où chacun pourra à loisir nommer ses biais, ses réflexes, sans être jugé. Aujourd'hui beaucoup doivent comprendre pourquoi un mot, une blague, un ton peuvent exclure, même sans intention.

Leadership inclusif au quotidien

Une politique d’inclusion sans incarnation ne vaut pas grand-chose. Cette incarnation ? Elle commence par les leaders. Pas ceux qui parlent bien et montrent l’exemple. Qui savent quand il faut se taire, aussi. Dans le sport comme dans toute organisation, le manager ou l'entraîneur donne le ton. Pas seulement dans ses mots, mais dans ses choix, ses silences, ses habitudes. Un leadership inclusif, ce n’est pas une posture affichée sur LinkedIn. C’est une vigilance au quotidien, une gestion inclusive, mais surtout c'est :

  • faire de la place dans une réunion à la voix la moins entendue ;
  • laisser à chacun le temps d’exister, même s’il ne va pas droit au but ;
  • oser reconnaître un biais, une erreur, une maladresse… et s’en servir pour faire mieux.

L’inclusion ne se joue pas dans les grandes déclarations. C’est une pratique, certes exigeante, mais aujourd'hui primordiale !

Se former à la diversité et à l’inclusion dans le management sportif à SMS

Le management inclusif ne s’improvise pas ! Au contraire. Il demande des outils. Des repères. Des cadres d’action solides.

À la Sports Management School, ces réalités sont prises en compte dans le cadre du MBA Management des organisations sportives. Ce dernier a été entièrement pensé pour préparer les futurs managers à prendre des responsabilités dans le sport business, à piloter des projets complexes et à s’adapter aux mutations du secteur. Avec, en toile de fond, une exigence : comprendre les dynamiques humaines au-delà de la simple performance.