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Private equity et sport : pourquoi les fonds investissent en Europe | SMS

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Alors que le public sportif assiste de plus en plus à des transferts records et à la construction de stades de plus en plus onéreux, il est évident que les capitaux injectés dans le sport ne se limitent plus aux seuls revenus des clubs ou à ceux d’investisseurs particuliers. En effet, de plus en plus d’institutions placent désormais leurs capitaux dans le football de la même manière qu’elles l'auraient fait dans la French Tech, l’industrie pharmaceutique ou l’immobilier. Pourquoi cet engouement pour le private equity dans le sport, qui représentait en 2024 plus de 50 milliards de dollars ?

Private equity et sport : comprendre cette nouvelle tendance

Le private equity a longtemps été réservé au monde des entreprises. Il s’agit pour un fonds d’investissement d’acheter des participations à des sociétés non cotées en bourse, pour ensuite les valoriser et les revendre. Cela implique premièrement des sommes conséquentes que seules des institutions peuvent miser, mais aussi des secteurs à haut rendement sur 5 à 10 ans.

Pendant longtemps, la grande majorité des fonds de pension ou des compagnies d’assurance a ignoré le monde du football, réservé alors à des milliardaires et à des passionnés, jugeant ce secteur trop émotionnel pour constituer un investissement sûr. Les choses ont changé avec la professionnalisation extrême des grands clubs et l’inflation des revenus publicitaires, de pair avec la visibilité quasi mondiale des grands événements du football.

Mais tout s’est accéléré ces dernières années avec l’explosion de la visibilité du sport offerte par les réseaux sociaux et la connectivité poussée à l’extrême. Le sport n’est plus une affaire sportive ou de passionnés, mais est devenu une part importante du paysage médiatique, capable de toucher un public et un marché potentiel bien plus important qu’avant.

Pourquoi le sport attire les fonds d'investissement ?

Cette transformation récente de l’industrie sportive lui a permis contre toute attente de bénéficier de caractéristiques économiques rares, et chères aux investisseurs. L’économie du sport est par exemple devenue inélastique. C’est-à-dire que contrairement à d’autres secteurs comme la tech, la mode ou la finance, la demande ne varie que très peu en fonction de la conjoncture économique, et reste élevée même en période de crise ou de décroissance, assurant alors une grande stabilité pour les investisseurs qui y voient une valeur refuge.

Cette résilience est renforcée par la faculté du sport de conserver l‘attention d’une audience en direct, là où la majorité des autres secteurs médiatiques misent sur le streaming et la VOD. En effet, l’émotion sportive se vit en live, et les détenteurs des droits profitent de ce levier pour négocier la diffusion des matchs et grands événements, faisant grimper les enchères parfois à plusieurs milliards.

Demande insensible aux cycles économiques et pouvoir de négociation exceptionnel, il n’en fallait pas plus pour attirer des fonds d’investissement les plus importants du monde.

Droits TV, fans et revenus récurrents

La fanbase, tous sports confondus, constitue une base de consommateurs loyale envers sa discipline ou ses clubs. C’est cette base qui est à la source des nombreux revenus du sport car elle consomme à la fois contenu télévisuel, numérique, produits dérivés ou encore jeux vidéo.

Les droits de diffusion sont la principale source de dépenses et de revenus pour les ligues, et attirent donc de nombreux investisseurs de private equity. Pour certains fonds, cet investissement s’apparente quasiment à une rente garantie. En plus des abonnements des supporters à de nombreux services et contenus, la vente de merchandising et les nombreux partenariats commerciaux contribuent à générer une trésorerie prévisible pour les investisseurs privés.

A ces revenus récurrents s’ajoutent les produits de la numérisation du sport comme les NFT ou les paris sportifs qui ensemble peuvent générer plusieurs milliards d’euros pendant les grands événements comme les coupes du monde, les JO ou les Grands Prix de Formule 1.

Comment les fonds investissent dans l'industrie du sport

L'écosystème sportif offre de nombreuses opportunités d’investissements rentables. La plupart des fonds d’investissement en private equity choisissent d’acheter des participations minoritaires, en attendant une future plus-value. Certains en revanche choisissent de s’impliquer dans la vie du club et ses décisions stratégiques. Mais d’autres opportunités existent, comme l’achat de franchises, de ligues, voire de stades et d’infrastructures sportives, sans compter la création de sociétés de gestion d’image qui sont une tendance croissante avec l’inflation des droits à l’image de certains joueurs et athlètes célèbres.

Clubs, ligues, médias et infrastructures

Si l’investissement dans les clubs reste la forme la plus médiatisée et prisée par les sociétés d’investissement, certains fonds préfèrent acquérir des franchises comme la NBA ou des ligues. Cela permet de s’assurer d’une réelle exposition publique synonyme de revenus médiatiques et publicitaires conséquents. Il en va de même avec le naming d’infrastructures qui assurent une visibilité internationale et dont les droits se négocient à plusieurs millions pour quelques années.

De plus, avec la numérisation croissante du milieu sportif, de nombreux médias spécialisés trouvent un second souffle et une meilleure visibilité grâce à internet et aux chaînes privées en ligne, attirant par là des capitaux massifs. Dans ce climat propice aux investissements, clubs, ligues, médias et infrastructures sont donc vus comme des actifs financiers avant tout.

Exemples d'investissements dans le sport européen

En Europe, les exemples d’investissements des private equity ne manquent pas. Dernièrement, c’est la Liga espagnole qui a reçu des fonds à travers un accord avec CVC Capital Partners sur ses droits audiovisuels et marketing. La même société de gestion a ensuite conclu un accord similaire avec la Ligue 1 française. Elle a également pris des parts dans le tournoi des Six Nations. En Angleterre, c’est la société Silver Lake qui fait parler d’elle en investissant massivement dans la holding multinationale détenant certains des plus grands clubs de football, dont Manchester City.

Les enjeux et critiques autour du private equity dans le sport

Il va de soi que l’arrivée massive de fonds privés dans le sport est loin de faire l’unanimité auprès des passionnés, qui voient dans ces transactions spectaculaires un risque de financiarisation du sport. En effet, la majeure partie des investissements réalisés par les fonds de private equity se fait avec une date de sortie à moyen terme, laissant planer le doute sur le futur des clubs. De plus, en considérant les équipes, ligues ou infrastructures comme de simples actifs financiers, les sociétés de capital investissement se déconnectent des valeurs sportives, provoquant le soulèvement de plusieurs mouvements de supporters. Ces derniers ajoutent à ce risque celui d’une rupture d’équité et d’identité, deux valeurs chères au milieu sportif.

Se former aux métiers du sport business international à SMS

L’industrie du sport se modernise et devient le terrain de jeu des investisseurs, qu’ils cherchent une rente ou à s’investir dans la vie sportive. En tout état de cause, la compréhension des nombreux mécanismes en jeu nécessite une formation adéquate des acteurs du milieu. Le MSc Global Sport Management permet d’appréhender les notions de sport business importantes pour les futurs managers sportifs, via une formation diplômante reconnue.