Aujourd'hui partons à la rencontre de Marion CHOUEIB, étudiante en MBA 1 management du sport. De sa passion pour le volley à son projet de création d'association, Famosport, elle nous donne son avis sur la médiatisation du sport féminin en France. 

Peux-tu te présenter en quelques lignes et évoquer ton parcours ?

Je m’appelle Marion, j’ai 22 ans, je suis actuellement en MBA 1 management du sport et en stage alterné en tant que chargée de communication dans un club omnisports du 16ème arrondissement.

Parallèlement, je suis entraineur de Volley au Sporting Club Nord Parisien et je m’occupe des statistiques à Paris Volley pour l’équipe pro masculine et la nationale 1.

Tu es donc statisticienne au Paris Volley, en quoi consiste ton rôle exactement ?

J’ai d’abord été formée pendant un an auprès de l’ancien Scout de Paris Volley, à ce moment là je m’exerçais sur la N1 masculine (match à l’extérieur et à domicile) et je l’assistais sur les matchs de l’équipe pro masculine. Depuis son départ, l’année dernière, j’ai récupéré le poste mais avec mes études je ne peux que faire les statistiques des matchs à domicile. Mon rôle consiste à noter tout ce qu’il se passe sur le terrain via un logiciel puis de transférer le rapport de match à la ligue.

Depuis peu, tu t’es lancée dans le milieu associatif avec la création de Famosport, parle nous de ce projet ?

Famosport est une association qui a pour objectif de développer et faciliter l’accès à la pratique sportive féminine. Elle s’adresse aux femmes en situation précaire dans les quartiers prioritaires de la ville par l’intermédiaire d’une salle de sport qui propose des services innovants qui répondent aux problématiques qu’elles rencontrent lorsqu’elles souhaitent pratiquer une activité sportive (contraintes ou obligations familiale, professionnelles, ressources financières insuffisantes, difficultés à s’insérer socialement et/ou professionnellement…).

De quelles problématiques es-tu partie pour créer Famosport ?

Cela va faire 4 ans que j’entraîne une équipe féminine de volley dans le 19ème, aujourd’hui elles ont 15-16 ans. Et j’ai remarqué que beaucoup d’entres elles n’étaient pas suivies ou encouragées par leur entourage pour diverses raisons. Mais le véritable déclencheur, c’est quand j’ai appris qu’une maman ne voulait pas payer la licence de sa fille, alors que le petit frère était inscrit au foot ! Donc certes,  beaucoup de choses sont mises en place pour les jeunes que ce soit dans l’éducation ou le sport, mais rien n’est proposé aux femmes, aux mamans.

Je me suis beaucoup interrogée, j’ai échangé avec plusieurs femmes, j’ai mis en place des sondages et lorsque je pose la question « pourquoi ne faites-vous pas de sport ? » ce sont toujours les mêmes réponses qui ressortent « je n’ai pas le temps je dois garder les enfants, avoir un coach sportif ça coûte cher, je ne m’y connais pas je ne sais pas comment faire, la salle ne me donne pas envie d’aller faire du sport »...

Le sport féminin se développe et se médiatise de plus en plus, quelle sera selon toi la place du sport féminin en France dans les années à venir ?

On parle de médiatisation, mais on a attendu que l’équipe de France de handball aille jusqu’en finale pour que le match soit diffusé sur une chaîne accessible à tous... La médiatisation c’est important mais  d’après moi, s’il n’y a pas d’actions autour de cette  médiatisation, le sport féminin aura encore du mal à se faire une place. Je pense que le sport féminin peut se développer et se développera mais pour cela il faut qu’il y ait une véritable reconnaissance du sport féminin.

Ton mot de la fin ?

Si vous avez des projets en tête, il faut se donner les moyens de les réaliser parce que sinon quelqu’un d’autre le fera à votre place, et parfois on ne se rend pas compte de l’impact que peuvent avoir nos idées. Il est important de s’entourer de personnes bienveillantes qui sachent comment vous motiver car sans ces personnes là je n’aurais jamais sans doute osée créer Famosport.