Mael Besson (Responsable sport WWF) : "Diminuer l'impact du sport sur l'environnement"

Soumis le mer 26/02/2020 - 14:30

Responsable de la section sport au sein du WWF, M. Besson a abordé avec nous la question de l’écologie à travers le sport, et comment celui-ci peut influencer positivement sur notre planète.

  • Pouvez-vous nous présenter votre rôle au sein du WWF ? Quelles sont vos missions ?

Je suis responsable Sport au sein du WWF. La mission principale est d’utiliser la puissance du sport afin d’atteindre les objectifs environnementaux. Aujourd’hui, les grands évènements sportifs comme Roland-Garros, ou encore le Tour de France, influencent des clients qui ne sont pas forcément issus du secteur sportif. Lobjectif est dinfluencer tant culturellement que structurellement notre société et nos citoyens grâce au sport, que ce soit dans nos modes de vie, nos marchés, lorganisation de nos sociétés.

 

  • Quels liens unissent le sport et le WWF depuis la création de l’entité française de l’association en 1973 ?

La direction sport existe depuis mon arrivée au WWF, soit depuis un an et demi. Avant mon arrivée, les dossiers sur les questions sportives étaient plus ponctuels. Récemment, nous avons accompagné le comité de candidature des Jeux de Paris 2024. Auparavant, en 2007, nous avons fait une charte des 15 engagements éco-responsable des grands évènements du sport en collaboration avec le ministère des sports. Puis en 2015, le WWF a travaillé avec le ministère des sports autour de la COP 21.

 

  • Aujourd’hui, comment l’écologie peut-elle utiliser le sport pour faire évoluer les comportements en matière de protection de l’environnement, du simple fan à l’athlète de haut niveau ?

Il faut distinguer deux axes en matière de protection de l’environnement. Le premier consiste à diminuer l’impact du sport sur l’environnement. Que ce soit les organisateurs d’évènements sportifs, les gestionnaires d’équipements sportifs, les fédérations ou encore les athlètes, l’idée est de voir comment changer les pratiques du sport pour réduire l’impact de celui-ci sur l’environnement.

Le deuxième axe vise à déterminer comment on utilise le sport de façon à influencer les standards et les normes sociales. Le sport, et en particulier le spectacle sportif et les athlètes sont des modèles qui influencent le quotidien de leur fans. En montrant l’exemple en matière de tri des déchets, ou encore de moyens de déplacement, l’objectif est d’intégrer un comportement éco-responsable au sein du spectacle sportif, que ce soit par les sportifs, les organisateurs d’évènements ou les médias. Si on intègre ces comportements au sein du spectacle sportif, cela modifie la norme sociale. C’est ce que font depuis des décennies certaines marques pour influencer les comportements d’achat,  ou encore les politiques pour gagner des voix. L’utilisation du sport a toujours été un levier d’influence de population important, donc l’idée est de l’utiliser à des fins de protection de l’environnement. 

 

  • Le comité Paris 2024 et le WWF ont récemment signé une charte pour des évènements sportifs durables. Dans les faits, de quelle manière cette charte va-t-elle se traduire ? Quel est l’objectif à long terme ?

Cette charte n’est pas une charte avec des grands principes, mais une charte avec des objectifs chiffrés. L’objectif a été de construire un référentiel chiffré minimum pour qu’un organisateur d’évènement puisse se revendiquer éco-responsable ou non. Avant, on n’avait que des grands principes érigés comme réduire les déchets, prendre les transports ou améliorer l’alimentation responsable. Finalement, on avait des acteurs qui mettaient des éco cups ou simplement un bilan carbone et se disaient éco-responsables. Avec cette charte, on institue un référentiel chiffré pour déterminer à partir de quel seuil on peut se dire un minimum éco-responsable. Cela ne signifie pas qu’on est complètement sans impact à partir du moment où on a réalisé ces objectifs. Mais cela détermine un seuil de ce qui doit être mis en place pour pouvoir se dire éco-responsable. De manière macro, cela a été le premier référentiel qui a été adopté un peu par tout le monde sur ce sujet là.

wwf Paris 2024

  • Pouvez-vous nous présenter le pandathlon ?

Le pandathlon se déroule par équipe de 4, et a deux objectifs: un sportif, et un de collecte financière. Cette année, l’évènement se déroule autour de la préservation du lynx.

Le premier défi est de collecter 1200 euros pour le programme de préservation du lynx que nous menons avec d’autres ONG. Le second défi est une course d’orientation qui se déroule sur un week-end en juin à l’Alpe d’Huez, avec des défis sportifs et intellectuels tout autour de la station. Il y a aussi un concert, c’est un week-end en général très festif.

À La Réunion, le pandathlon prend une forme différente, ce sont les inscriptions qui permettent de lever des fonds, et l’objectif est plus local.

 

  • Quels sont les projets du WWF France en matière de sport pour les années à venir ?

Nous avons tout un programme sur la transition écologique du sport, et comment on accompagne cette transition et toutes les parties prenantes. Ici, on ne parle pas seulement des organisateurs mais également des territoires d’accueil des compétitions sportives.

Nous menons également une étude en cours sur un monde à + 2 ou 3 degrés, et comment le sport va être impacté par le dérèglement climatique. Nous avons également différents partenariats, notamment avec la Ligue de Football Professionnel, ou encore l’Ultra Trail du Mont-Blanc.

Enfin, nous avons un programme autour des sciences comportementales, ou comment on accompagne la transformation du comportement dans le sport ou via le sport pour influencer des comportements plus éco-responsables.

Un grand merci à Mael BESSON pour le temps qu’il a accordé à notre interview.

Alexandre Duguy-Loï