Coup de froid dans les stades Qataris

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Montrer sa puissance et exister aux yeux du monde entier grâce à l’organisation de différents évènements sportifs, c’est l’objectif que s’est fixé le Qatar. Et pour briller aux yeux de la planète, le rêve qatari n’a aucune limite. Dernier exemple en date, la présentation du Khalifa Stadium, qui aura la particularité d’être… entièrement climatisé !

Au Qatar, les grandes manœuvres continuent pour préparer l’accueil de grandes compétitions internationales qui se dérouleront ces prochaines années. Avec en premier lieu les Championnats du monde d’athlétisme, qui se dérouleront du 28 septembre au 6 octobre 2019, et avec bien entendu en ligne de mire la Coupe du monde 2022. Pourtant, le choix d’organiser de tels évènements sur le sol qatari fut accueilli comme un véritable choc au sein du monde sportif. Entre les soupçons de corruption, les conditions de travail des ouvriers (avec notamment la très contestée Kafala), ou encore le manque d’infrastructures et culture sportive du pays, nombreux furent (et sont toujours) les voix à s’élever contre le Qatar. Et parmi toutes ces critiques, celles autour de la question climatique du pays étaient centrales. Car avec des températures supérieures à 40°C, tous les observateurs s’accordaient à dire qu’il est assez compliqué, voire même dangereux, de pratiquer du sport compétitif de haut niveau dans la journée au Qatar.

Des questions qui n’ont pas désarçonnées les responsables qataris, ces derniers obtenant dans un premier temps que la FIFA revoie totalement le calendrier de la Coupe du monde, qui se déroulera finalement du 21 novembre au 18 décembre 2022. De plus, le pays a présenté le système de climatisation du Khalifa Stadium, système qu’il souhaite mettre en place pour l’ensemble de ses infrastructures. D’après les informations du quotidien L’Equipe, cela permettrait de passer d’une température extérieure de 40°C à environ 25°C à l’intérieur du stade, et cela en une trentaine de minutes seulement. L’origine de ce phénomène ? Une centrale d’énergie située à deux kilomètres du stade qui récupère l’eau et la transforme en glace. Puis, c’est lors « du transport dans une forme de radiateur que s’effectue la transformation en air » selon les dires de Saud Abdul Ghani, universitaire au Collège d’ingénierie du Qatar. Un résultat assez impressionnant, mais qui peut tout de même donner lieu à quelques interrogations d’un point de vue écologique.

En effet, le cas du Qatar ouvre la porte à la question plus globale de la prise en considération de l’impact écologique lors de l’organisation d’un évènement sportif. Et force est de constater qu’on assiste quelque peu à une évolution des mentalités ces derniers temps, du moins sur le papier. Tout d’abord au niveau français, à l’initiative de l’ancien secrétaire d’Etat aux Sports Thierry Braillard qui avait mis en place une charte regroupant les « 15 engagements éco-responsables des évènements sportifs ». Arguant que « le sport, par les valeurs qu’il porte, est un vecteur essentiel pour défendre la lutte contre le dérèglement climatique », il avait fait signer cette charte à vingt grands évènements sportifs français (Roland-Garros, Tour de France, Coupe du monde féminine 2019 etc.). Au niveau international, la FIFA avait également mis l’accent sur les critères environnementaux et le management responsable de l’organisation pour décider de l’attribution de la Coupe du monde 2026,. Une décision louable, même si le choix du dossier UNITED (la triple candidature Etats-Unis – Mexique – Canada) peut laisser perplexe de ce point de vue-là.

Car maintenant, le plus grand défi reste de faire en sorte que cela ne reste pas uniquement des paroles en l’air ou des mots écrits sur un papier, mais bien une prise d’engagement concrète de la part du monde sportif international.

Guillaume MONTEIRO